Boîte à chaussures et grammaire

But : Aborder les classes grammaticales (ou « natures de mots »). Faire comprendre aux élèves de façon dynamique (démarche ludique + visuelle + concrète) le principe d'un classement grammatical. Prévenir les difficultés courantes des élèves face aux classes grammaticales et tordre le cou à leurs fausses représentations (Non, la classe grammaticale d'un mot n'est pas vraiment indépendante de la phrase dans laquelle ce mot est employé...).
Principe en 5 étapes
Etape 1
Le professeur vient en classe avec une boîte à chaussures, une étiquette vierge et une dizaine de petits cartons, vierges eux aussi. Il écrit une courte phrase au tableau puis il choisit quelques élèves pour écrire chaque mot de la phrase sur un carton. Les cartons sont ensuite jetés à terre.
Le professeur explique alors que les mots sont comme des jouets qu'un enfant aurait sortis de leurs boîtes et étalés sur le sol de sa chambre. Il faut maintenant les ranger...

Etape 2
Le professeur demande si tous les mots peuvent se ranger. Réponse = oui, tous ! Puis il demande aux élèves dans combien de boîtes on peut les ranger... Réponse = 10. Il montre la boîte à chaussures. « 10 boîtes ! Et en grammaire, on n'appelle pas ça des « boîtes grammaticales ». On dit des « classes grammaticales ».
Puis le professeur prend l'étiquette vierge. « Que va-t-on écrire sur chaque étiquette ? » => Noms - Pronoms - Verbes - Adjectifs - Déterminants - Prépositions - Adverbes - Conjonctions de coordination - Conjonctions de subordination - Interjections.
Etape 3
Le professeur fait remarquer aux élèves qu'il va falloir maintenant savoir où ranger le mot... Il demande d'abord aux élèves de définir les mots qu'on va ranger dans la boîte « Noms ». C'est la boîte qui paraît la plus facile à remplir... Réponse : par « noms », on entend tous les mots qui désignent un élément du monde, qu'ils soient réels, imaginaires, concrets ou abstraits (exemple : Yassin, salade, dragon, crayon, liberté...). Les noms communs ont un genre (masculin ou singulier) et peuvent s'accompagner d'un déterminant (une salade, des dragons, mon crayon, la liberté...).
On passe ensuite à la boîte « Déterminants », puis à la boîte « Adjectifs ». Chaque définition est formulée par la classe et vérifiée brièvement avec elle. Puis le professeur pose la question piège : si j'ai rangé une fois un mot dans une boîte, est-ce qu'elle sera toujours rangée dans cette boîte ? Et là, c'est le moment de tordre le cou à tous les préjugés car la réponse est « non » !
Etape 4
Le professeur écrit en effet au tableau la phrase : « Mon frère est malade. » => Les élèves rangent « mon » dans la boîte « déterminants », « frère » dans « noms », « est » dans « verbes », « malade » dans « adjectifs ». Puis il écrit au tableau la phrase : « Le petit malade tousse beaucoup. » => Le problème est que soudain « malade » ne se range plus dans la boîte des « adjectifs » mais des « noms » ! Pourquoi ? Parce que la classe grammaticale d'un mot, contrairement aux préjugés, dépend de la phrase, c'est-à-dire du rôle de ce mot dans la phrase !
On procède de même avec le mot "en" (une fois comme préposition ; une fois comme pronom adverbial) puis avec le mot "que" (une fois comme pronom relatif ; une fois comme conjonction de subordination), etc.
=> Les élèves notent donc dans leur cours :
Les mots de la langue française ne sont pas tous de même nature car ils n'ont pas tous la même utilité dans la langue et dans la phrase. Certains mots servent à exprimer une action (ex : crier, s'asseoir), d'autres servent à donner le genre et le nombre d'un autre mot (ex : un, une, des), d'autres encore sont là pour faire des liens entre des groupes de mots (ex : lorsque, mais), etc.
On range les mots dans 10 boîtes différentes, appelées « classes grammaticales ». Ces 10 classes grammaticales sont : déterminants - noms - adjectifs - verbes - pronoms - prépositions - conjonctions de subordination - conjonctions de coordination - adverbes - interjections. Chaque mot de la langue française appartient forcément à l'une de ces classes grammaticales.
Etape 5
Chaque classe grammaticale est ensuite définie clairement et de nombreux petits exercices d'application sont proposés.

Notre avis : Système très facile à mettre en place, ludique et extrêmement efficace. Avec cette astuce, certains élèves très faibles de 4ème qui n'avaient toujours pas « enregistré » les classes grammaticales ont enfin compris et retenu le fonctionnement de ce classement !

